L’ObSoCo vient de publier une partie des résultats d’une étude menée auprès d’un échantillon représentatif de 4000 individus sur leur rapport aux dispositifs reposant sur des technologies d’intelligence artificielle : robots domestiques et commerciaux, agents conversationnels, assistants vocaux personnels, objets connectés intelligents….

L’étude a trois objectifs :

  • Interroger et objectiver les usages émergents et à venir

Cartographier la place et l’intégra on actuelle et future (approche projective) des IA dans la vie quotidienne des individus permet d’explorer les modes d’utilisation, d’appropriation, de réappropriation voire de détournement des usages liés aux IA.

  • Décrypter les imaginaires existants sur les IA

Identifier les positionnements à l’égard des transforma ons actuelles et futures de la rela on hommes-machines, sur les formes et les orienta ons actuelles prises par l’IA, afin de mieux cerner les aspirations et les attentes existantes vis-à- vis des IA, ainsi que les modes d’attribution de l’intelligence.

  • Mesurer l’acceptabilité sociale des intelligences artificielles

La question de l’acceptabilité sociale des IA permet d’éclairer les acteurs de l’offre sur leur potentiel de développement futur à la fois en termes de biens et d’équipements, que d’interfaces, de design, et de services.

L’étude complète est payante mais l’infographie offre une synthèse des principaux résultats.

Tout d’abord, les dispositifs utilisant des technologies d’intelligence artificielle sont inégalement connus des français : les assistants vocaux sont les plus conus (52%), contre 12% seulement pour les chatbots. Le véhicule autonome et les systèmes de reconnaissance faciale sont connus de 46% des français et les enceintes à commande vocale par 40%.

La connaissance de ces dispositifs est fortement corrélée à l’âge au niveau de diplôme de même que l’expérience.

L’acceptabilité de l’IA concerne des dispositifs de délégation des tâches présentées/identifiées comme pénibles : tâches domestiques, travail de production industrielle. Cette acceptabilité décroît lorsqu’il s’agit de tenir compte de situations spécifiques : analyse de données médicales, aide au diagnostic, conseil en produit d’épargne et placement, garde d’enfants.

Usbek & Rica a consacré un article à cette étude et écrit :  les réponses témoignent d’une méfiance envers l’automatisation des tâches traditionnellement assignées à l’État. Tout ce qui a trait au monopole de la violence légitime, à un pouvoir moral, coercitif sur l’individu fait penser que potentiellement, la technologie a trop d’emprise, analyse Simon Borel, docteur en sociologie et chargé de l’étude. Position que les Français ne sont pas les seuls à partager, comme l’ont montré les protestation d’experts de l’IA au sujet d’un contrat de Google avec l’armée américaine. »

4 postures sont identifiées :

  • 19 % sont présentés comme « écolonomes » : des personnes plus aisées et diplômées que la moyenne, sensibles aux problématiques écologiques et environnementales
  • 29 % sont surtout « adeptes de la praticité » : ils attendent des IA qu’elles allègent leur quotidien des charges domestiques tout en redoutant une dépendance, et se montrent méfiants quant à l’utilisation de leurs données personnelles
  • les 24 % restants sont « réfractaires » au développement des IA : souvent plus âgés et moins diplômés, ils se tiennent à distance de la précédente révolution numérique et ont une faible compréhension de ses enjeux. »
  • 28% se montrent technophiles, enthousiastes à l’idée d’augmenter leurs capacités. Majoritairement constitué d’hommes habitués aux technologies, ils redoutent les risques de piratage et de pannes numériques

 

 

Source : Obsoco